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ENI-projet-piscine/docs/ML-START.md
Johan LEROY 6e9c830557 Fusionne dev dans test/integration-api-db-ml
Quatre conflits, tous additifs, nés du DAG `mock_api_import` (#146) arrivé sur `dev` pendant
que cette branche ajoutait `derive` : la liste des DAGs du README, celle de la vue d'ensemble
et du tableau d'infrastructure, et `DAG_IDS`/`TACHES` dans les tests d'intégrité. Les six DAGs
sont conservés de part et d'autre.

Collision que git ne voyait pas : `dev` a reçu un ADR 0011 et un 0012 (procédure de
déploiement, état de la VM ENI) pendant que cette branche en ajoutait un autre sous le même
numéro. L'ADR de la surveillance de dérive devient 0013, avec ses onze références, et la table
de `docs/README.md` reprend les trois.
2026-09-22 16:40:06 +02:00

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ML-START : accès aux données, scoring, frontière API et ML

Document de référence du module ml/, cité par le code (enervision_ml/config.py, data.py, train.py, score.py, features.py), par l'ADR 0005 et par les vues d'architecture. Il répond à trois questions, et à elles seules :

  1. comment le pipeline accède aux données, et pourquoi pas par l'API ;
  2. ce que fait un run de scoring, étape par étape ;
  3. où passe la frontière entre l'API et le ML, et pourquoi elle est là.

Le mode d'emploi (installation, commandes, options) est dans ml/README.md. Le choix du modèle est dans l'ADR 0005. Ce document ne les répète pas.


1. Mécanisme d'accès aux données

Deux sources, un seul schéma de sortie

enervision_ml.data expose trois chargeurs qui produisent exactement les mêmes neuf colonnes (site_id, timestamp, consumption_kwh, temperature_celsius, humidity_percent, solar_irradiance_wm2, is_working_hours, site_type, capacity_kw) :

Fonction Source Usage
load_from_csv(path) ml/data/all_sites_combined.csv Chemin de démarrage, tant que la base n'est pas peuplée
load_from_database(connection) reading joint à site, historique complet Entraînement
load_recent_from_database(connection, since=…, until=…) reading joint à site, borné des deux côtés Scoring

L'égalité des schémas n'est pas un confort : c'est ce qui permet de valider tout le pipeline sur CSV, sans base joignable, et d'obtenir le même comportement une fois la base peuplée. Une divergence entre les deux chemins ne se verrait pas au chargement, elle se verrait en production sous forme de prédictions silencieusement fausses.

Connexion directe à PostgreSQL, pas l'API

Le pipeline lit reading et site en SQL direct, jamais par GET /api/v1/readings. Trois raisons, à défendre telles quelles :

  • Volume. L'entraînement lit l'historique complet d'une hypertable TimescaleDB. Le faire passer par une API REST paginée, sérialisée en JSON et contrôlée route par route, c'est payer trois fois pour un SELECT.
  • Couplage. Le pipeline n'est pas un client de l'application, c'est un consommateur du schéma. Passer par l'API le rendrait dépendant du contrat HTTP, de l'authentification et de la disponibilité du service, pour lire des données dont il connaît déjà la forme.
  • Droits. Un rôle de lecture sur deux tables est une surface plus petite qu'un compte applicatif porteur d'un rôle métier.

ML_DATABASE_URL, et pourquoi ce n'est pas DATABASE_URL

La chaîne de connexion est lue dans ML_DATABASE_URL, jamais dans DATABASE_URL. Ce n'est pas une préférence de nommage : DATABASE_URL est celle du backend applicatif, propriétaire du schéma, avec les droits d'écriture complets. Réutiliser cette variable par défaut ferait tourner l'entraînement et le scoring avec ces droits, en silence. enervision_ml.config.database_url() lève donc plutôt que de retomber sur une valeur par défaut.

Dette assumée, à dire à l'oral et non à masquer : le rôle PostgreSQL dédié enervision_ml, restreint en lecture sur reading et site, n'est pas provisionné. En développement, ML_DATABASE_URL pointe sur la même base que le backend. La cible est un rôle séparé, cohérente avec le principe de moindre privilège posé par l'ADR 0003.

Le seul endroit qui construit les features

enervision_ml.features.build_features est l'unique constructeur de features, à l'entraînement comme au scoring. Le piège que cela évite : si les deux divergent, même d'une fenêtre de moyenne glissante, le modèle reçoit en service des features qui ne ressemblent plus à ce qu'il a appris, et ses prédictions se dégradent sans qu'aucune erreur ne se déclenche. Ne jamais réécrire cette logique ailleurs : importer le module.

Conséquence sur la validation : la coupure entraînement / validation est chronologique, jamais un tirage aléatoire de lignes. Un tirage aléatoire laisserait des lignes de validation voir des lignes d'entraînement à travers leurs lags et leurs moyennes glissantes, une fuite qui masquerait un surapprentissage.


2. Les étapes d'un run de scoring

python -m enervision_ml.score calcule, pour chaque site ou pour un seul avec --site-id, la consommation prévue de l'heure suivant sa dernière lecture connue, et écrit une ligne dans prediction.

# Étape Point de vigilance
1 Charger une fenêtre récente de reading joint à site : 21 jours par défaut Une marge au-dessus des 168 h qu'exige le lag hebdomadaire. Un SELECT non borné sur l'hypertable serait la même erreur que celle corrigée sur GET /readings
2 Ajouter une ligne future par site, l'heure suivante, et calculer ses features par build_features La même fonction qu'à l'entraînement, cf. section 1
3 Si le lag de 168 h est absent (moins d'une semaine d'historique) : écrire status = "insufficient_data" LightGBM n'est jamais appelé. Un modèle interrogé sans son lag principal rendrait un nombre, et ce nombre serait faux sans le dire
4 Sinon : booster.predict(...), puis écrire status = "available" et la valeur prévue

Ce que le run écrit, et ce qu'il n'écrase pas

La table prediction n'a pas de contrainte d'unicité sur (site_id, target_at) : chaque run insère une ligne de plus au lieu d'écraser la précédente. C'est délibéré, et c'est ce qui rend possible la comparaison prévision contre réalisé. La surveillance de dérive s'en sert : elle retient, pour chaque (site_id, target_at), la ligne du run le plus récent, celle-là même que sert GET /api/v1/predictions. Voir l'ADR 0013.

Trois contraintes de cohérence sont portées par la base et non par le code applicatif : status = 'available' exige une predicted_value et interdit un failure_reason ; insufficient_data et error exigent l'inverse ; target_metric est bornée à consumption_kwh ou consumption_kw, et la forme énergie impose une period_minutes. Elles sont vérifiées depuis le code qui écrit par ml/tests/test_score_integration.py, sur une vraie base : un double ne prouverait rien d'une contrainte SQL.

--now borne la fenêtre des deux côtés. load_recent_from_database exige un until autant qu'un since, et le scoring lui passe l'instant de référence. Sans cette borne haute, build_scoring_frame repartait de la dernière lecture de toute la table quelle que soit la valeur demandée : target_at valait toujours « fin du jeu + 1 h », et l'âge de la dernière lecture devenait négatif sans franchir le seuil de péremption. Rejouer le scoring sur des instants passés produit désormais des prévisions dont le réalisé existe déjà, ce dont la surveillance de dérive a besoin pour se démontrer sur un jeu figé.

model_reference est un hachage, pas un nom de fichier

train.py réécrit toujours le même chemin (models/lightgbm-consumption.txt) à chaque entraînement. Le nom de fichier ne distinguerait donc pas deux versions du modèle. prediction porte pour cela le SHA-256 tronqué du fichier modèle. C'est ce qui permet, devant une prédiction douteuse, de savoir quel modèle l'a produite.

Mode CSV : rien n'est écrit en base

En --csv, le run ne touche pas la base. L'heure future calculée depuis la fin du CSV n'existe dans aucune base réelle : ce serait inscrire une prévision pour un instant déjà passé. Le mode sert à valider le pipeline sans base joignable.

Limite assumée

La feature is_working_hours de la ligne future est recopiée depuis la dernière lecture réelle, pas recalculée : il n'existe aucune règle d'heures ouvrables dans ce dépôt, elle vit dans le générateur du jeu de données d'origine. L'approximation n'est fausse qu'aux heures de bascule, sur une feature parmi une dizaine, pour une prévision à un seul pas.


3. La frontière entre l'API et le ML

flowchart LR
    subgraph ml["ml/ · projet Python indépendant"]
        train["enervision_ml.train<br/>LightGBM + MLflow"]
        score["enervision_ml.score<br/>prévision à un pas"]
    end
    subgraph db["PostgreSQL + TimescaleDB"]
        reading[("reading, site")]
        prediction[("prediction")]
    end
    subgraph api["apps/backend · FastAPI"]
        route["GET /api/v1/predictions"]
    end

    reading -- "SQL direct, ML_DATABASE_URL" --> train
    reading -- "fenêtre récente" --> score
    train -- "models/*.txt + run MLflow" --> score
    score -- "INSERT" --> prediction
    prediction -- "lecture seule" --> route
    prediction -- "prévu" --> derive["app.monitoring.drift<br/>écart prévu / réalisé"]
    reading -- "réalisé" --> derive
    derive -- "INSERT" --> rapport[("drift_report")]
    rapport -- "lecture seule" --> monitoring["GET /api/v1/monitoring/drift"]

La règle, en une phrase : FastAPI ne fait jamais tourner LightGBM. GET /api/v1/predictions lit la dernière prévision par site dans prediction, jamais un recalcul à la volée. Ce qui en découle, et qui est l'argument à tenir devant le jury :

  • La latence de l'API ne dépend pas du modèle. Une route de lecture indexée (ix_prediction_site_target) répond en temps constant, qu'un run de scoring dure une seconde ou une minute.
  • Le service de production n'embarque ni LightGBM ni MLflow. ml/ est un projet Python séparé, avec son propre uv.lock. Le backend n'a aucune raison de porter ces dépendances, ni leur surface de vulnérabilités, pour un script lancé hors du chemin de requête.
  • Une panne du pipeline dégrade, elle n'interrompt pas. Si le scoring ne tourne plus, l'API continue de servir la dernière prévision connue, avec son created_at et son model_reference, au lieu de rendre une erreur.
  • Le contrat est la table, pas un appel. Ce qui traverse la frontière, ce sont des lignes de prediction et leurs contraintes de cohérence, vérifiables en SQL.

Le corollaire est qu'il n'y a aucune prévision à la demande : la fraîcheur d'une prévision est celle du dernier run de scoring. Ce run est ordonnancé par Airflow, DAG ml_score en @hourly (issue #115) ; seuls le mode --csv et un lancement local restent manuels, tout comme l'entraînement, dont le DAG ml_train n'a pas de planification.

La surveillance de dérive traverse cette frontière dans le sens de la table vers le backend, sans la percer : elle relit prediction et reading en SQL, ne charge aucun modèle, et n'appelle pas MLflow. Son calcul, son seuil et son refus de comparer à la métrique d'entraînement sont dans l'ADR 0013.


Voir aussi