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Infrastructure
Trois topologies coexistent et ne servent pas la même chose. Ce document dit laquelle vaut dans quel contexte, quelles décisions sont arrêtées, et ce qui manque encore entre elles.
| Topologie | Sert à | Statut |
|---|---|---|
| Docker Compose | Développer et recetter sur le poste | Fait |
| Docker Compose plus reverse proxy | Déployer sur la machine on-premise | Fait |
| Deux projets Compose sur la VM ENI, recette et production | Déploiement continu depuis GitHub | En cours |
| k3s single-node | Cible à terme | En cours |
Poste de développement
Statut : Fait. Défini par docker-compose.yml, projet enervision.
flowchart TB
subgraph poste["Poste de développement"]
ng["ng serve<br/>:4200"]
api["uvicorn --reload<br/>:8000"]
end
subgraph compose["docker compose"]
back["service backend<br/>image construite depuis apps/backend"]
db[("service db<br/>timescale/timescaledb-ha:pg17")]
end
ng -.->|"proxy /api"| api
api -->|"hôte :5433 vers conteneur :5432"| db
back -->|"réseau interne, db:5432"| db
| Service | Image | Points notables |
|---|---|---|
db |
timescale/timescaledb-ha:pg17 |
Publié sur 5433 côté hôte, 5432 souvent déjà pris. healthcheck pg_isready, 12 tentatives, start_period 40s |
backend |
Construite depuis apps/backend |
depends_on: db, condition: service_healthy. N'embarque pas le source : toute modification impose docker compose up -d --build backend |
La boucle de développement n'utilise pas le service backend. make db-up puis make dev :
seule la base tourne en conteneur, l'API et ng serve tournent sur le poste avec le rechargement
à chaud, lancés ensemble par make dev (make dev-backend/make dev-frontend pour lancer l'un
des deux seul). Le service backend sert la stack complète et la recette. Les deux occupent le
port 8000, ils ne se lancent donc pas ensemble.
Trois pièges sont documentés en tête du docker-compose.yml, ils ne se devinent pas :
PGDATAvaut/home/postgres/pgdata/datapour l'image-ha, et non le chemin habituel de l'imagepostgres. Monté ailleurs, le volume ne retient rien, sans le moindre message.db/initest monté fichier par fichier. Monter le dossier masquerait les scripts d'init de l'image, donttimescaledb-tune. Ajouter un fichier dansdb/init/impose donc une ligne dans le compose. Voirdb/README.md.LocalExecutorexécute les tâches comme sous-processus du scheduler, jamais du webserver : c'est le scheduler qui a besoin du volumeairflow_ml_state(modèle, magasin MLflow).
Airflow (issues #115, #116 et #119)
Trois services, docker compose profiles non utilisés (démarrage explicite via make airflow-up, pas dans make dev) :
| Service | Rôle | Points notables |
|---|---|---|
airflow-init |
Migre la base de métadonnées, crée le compte admin | Conteneur jetable (restart: "no"), ne redémarre jamais. webserver/scheduler attendent qu'il se termine avec succès |
airflow-webserver |
UI, port 8080 |
LocalExecutor : n'exécute aucune tâche lui-même |
airflow-scheduler |
Planifie et exécute les tâches (LocalExecutor) |
Les DAGs y tournent en sous-processus (uv run --no-sync python -m ...), c'est lui qui a besoin du volume airflow_ml_state |
Construits depuis etl/airflow/Dockerfile, contexte . (racine du repo, pas etl/airflow/) :
l'image doit pouvoir COPY les sources de ml/ et de apps/backend/ pour se synchroniser
deux environnements Python 3.14 (/opt/ml/.venv et /opt/backend/.venv, uv sync --locked à
la construction), distincts du Python 3.12 qui fait tourner Airflow lui-même. Les DAGs shellent
vers ces venvs plutôt que d'importer LightGBM, MLflow ou SQLAlchemy dans le process Airflow.
Le choix et ses contreparties sont dans
l'ADR 0008.
| DAG | Planification | Ce qu'il lance, et où |
|---|---|---|
ml_train |
manuelle | enervision_ml.train, dans /opt/ml/.venv |
ml_score |
0 * * * * |
enervision_ml.score, dans /opt/ml/.venv |
alertes |
15 * * * * |
app.detection.internal_alerts puis app.cli generate-recommendations, dans /opt/backend/.venv |
historical_import |
manuelle | app.etl.historical_import, dans /opt/backend/.venv ; les fichiers de data/raw sont montés en lecture seule dans /opt/data/raw |
Le DAG historical_import réutilise le pipeline historique existant sans dupliquer sa logique.
Il reste manuel, car le dataset sert à initialiser l'environnement. Le montage
./data/raw:/opt/data/raw:ro permet au scheduler de lire les fichiers CSV/JSON sans pouvoir les
modifier.
Pourquoi alertes tourne à la quinzième minute. Sa règle anomaly compare une lecture à la
prediction du même instant, que ml_score écrit à l'heure pile. Le décalage laisse le scoring
finir. Aucune dépendance n'est déclarée entre les deux DAGs pour autant, ni ExternalTaskSensor ni
tâche greffée : quatre règles de détection sur cinq ne touchent pas au modèle, et un modèle jamais
entraîné ne doit pas priver le parc de ses alertes. Le décalage est donc une convention et non une
garantie : le plafond de ml_score est de 30 minutes, et un scoring qui déborde de :15 prive
anomaly de la prediction de l'heure, qu'elle ne retrouvera au passage suivant que si sa fenêtre
la couvre encore. Les quatre autres règles ne s'en aperçoivent pas.
Ses deux tâches s'enchaînent en revanche (recommendation.alert_id est une clé étrangère NOT NULL), et toutes deux sont rejouables sans risque : l'idempotence est portée par la base,
uq_alert_source_reference et uq_recommendation_alert_rule. Chacune a 2 tentatives, 2 minutes
d'attente entre elles et un plafond de 5 minutes par tentative : au pire, reprises comprises,
l'enchaînement occupe 38 minutes, ce qui le garde sous le pas horaire qu'un max_active_runs=1
rend contraignant.
airflow-init s'appuie sur l'entrypoint de l'image (_AIRFLOW_DB_MIGRATE,
_AIRFLOW_WWW_USER_*) plutôt que sur un script maison : l'entrypoint porte le code de sortie, une
migration ratée (typiquement la base airflow absente, cf. ci-dessous) fait échouer le service et
webserver/scheduler ne démarrent pas sur une base non migrée. Le mot de passe du compte admin
passe par l'environnement, jamais par argv (ni ps, ni docker compose config).
Les variables AIRFLOW_* ne sont volontairement pas en ${VAR:?} : Compose interpole le fichier
entier avant de filtrer les services, une variable requise manquante casserait make db-up,
make dev... pour tout poste dont le .env est antérieur. Elles valent ${VAR:-} et c'est
airflow-init qui refuse de démarrer (clé Fernet, clé Flask, mot de passe ou
AIRFLOW_APP_SECRET_KEY vides).
Le conteneur reçoit deux variables du backend en plus de ML_DATABASE_URL : DATABASE_URL, en
dialecte asyncpg, et APP_SECRET_KEY, alimentée par AIRFLOW_APP_SECRET_KEY. Cette dernière est
délibérément différente de celle de l'API. La configuration du backend refuse de se construire
sans clé, mais la détection ne signe ni ne vérifie aucun jeton : un Airflow compromis, qui permet
déjà d'exécuter du code depuis son interface, ne doit pas livrer par-dessus la clé de signature
des JWT.
Pourquoi ml_train est manuel. Réentraîner est coûteux et sa cadence n'est pas une décision
prise. Surtout, train.py écrase le modèle sans comparer ses métriques à celles de l'ancien : un
cron déploierait silencieusement un modèle dégradé. Tant que ce garde-fou n'existe pas, le
déclenchement reste humain. ml_score, lui, est planifié à l'heure, avec max_active_runs=1
(pas deux scorings simultanés dans prediction), 2 tentatives et un plafond de 30 minutes.
CI : .github/workflows/airflow.yml (Python 3.12 via etl/airflow/.python-version) lance lint et
tests d'intégrité des DAGs, et construit l'image (elle COPY ml/ et apps/backend/, une
modification de l'un ou de l'autre peut donc la casser, d'où leurs chemins dans les déclencheurs)
avant de vérifier que les deux environnements s'y importent sans réseau.
Piège à connaître : sur un volume pgdata déjà peuplé (poste de dev existant plutôt que premier
make db-up), db/init/120-airflow-database.sql ne se rejoue pas (PostgreSQL n'exécute
docker-entrypoint-initdb.d/ que sur un volume vide). Créer la base airflow à la main une fois :
docker compose exec db psql -U $POSTGRES_USER -d $POSTGRES_DB -c "CREATE DATABASE airflow;".
libgomp1 est installé explicitement dans l'image (apt-get, en root) : l'image Airflow de base
est minimale et n'embarque pas la runtime OpenMP dont LightGBM a besoin, sans quoi l'erreur
(OSError: libgomp.so.1) n'apparaît qu'à la première tâche réellement exécutée, pas à la
construction de l'image.
Machine cible, exécution Docker
Statut : Fait. Défini par l'overlay docker-compose.prod.yml, appliqué par-dessus le
docker-compose.yml. Écrit et validé sur le poste, jamais encore lancé sur le serveur de
l'école. Décision et motifs dans l'ADR 0007.
flowchart LR
navigateur["Navigateur"]
subgraph machine["Machine on-premise"]
proxy["service proxy<br/>nginx:1.28-alpine<br/>:80 et :443"]
front["service frontend<br/>nginx statique :3000"]
api["service backend<br/>uvicorn :8000"]
db[("service db<br/>:5432")]
mail["service mailpit"]
end
navigateur -->|"HTTPS"| proxy
proxy -->|"/"| front
proxy -->|"/api/"| api
api --> db
api --> mail
Le proxy est le seul service à publier des ports sur le réseau. Backend et frontend ne sont
plus publiés du tout, la base et l'interface Mailpit sont ramenées sur 127.0.0.1, donc joignables
par tunnel SSH et pas autrement. Le détail du routage, les deux modes d'obtention du certificat et
la commande de validation hors exécution sont dans infra/proxy/README.md.
Deux conséquences se propagent jusqu'à l'application, et elles ne se devinent pas :
- Servir le SPA et l'API sous la même origine est ce qui rend le cookie
__Secure-ev_refreshutilisable. Sans cela,apiUrl: '/api/v1'ne mène nulle part une fois en conteneur. APP_TRUST_PROXY_HEADERSpasse à vrai en même temps, sinon la limitation de débit par IP compte sur l'IP du proxy et devient globale.
Deux environnements sur la même machine
Statut : En cours, la machine n'étant pas encore provisionnée. Décision et motifs dans
l'ADR 0009.
La VM eadl-2025-nantes-g3 portera la recette et la production, chacune dans son clone du dépôt,
son .env et son projet Compose. Le nom de projet préfixe volumes, réseau et conteneurs : rien
n'est partagé. scripts/provision-host.sh prépare les deux dossiers, génère les secrets et les
certificats, et ne démarre rien.
| Recette | Production | |
|---|---|---|
| Branche, environnement GitHub | dev, rec |
main, prod |
| Dossier, projet Compose | /srv/enervision/rec, enervision-rec |
/srv/enervision/prod, enervision-prod |
| URL | https://rec.enervision.local:8443 |
https://enervision.local |
| Proxy HTTP, HTTPS | 127.0.0.1:8081, 8443 |
80, 443 |
PostgreSQL, Mailpit, Airflow, sur 127.0.0.1 |
5434, 8026, 8082 |
5433, 8025, 8080 |
Les deux noms d'hôte visent la même IP, à déclarer dans le /etc/hosts des postes. Deux noms
distincts sont nécessaires : le cookie __Secure-ev_refresh est posé par hôte, pas par port.
La redirection HTTP de la recette est ramenée sur la boucle locale parce que la configuration
Nginx renvoie vers https://$host sans port, c'est-à-dire vers la production.
Le déploiement est décrit dans 50-cicd.md : un runner GitHub Actions installé sur
la VM aligne le dossier sur la branche poussée et lance make stack-up.
Cible à terme, k3s
Statut : En cours. Le module infra/terraform/modules/k3s/ installe le cluster. Il n'a jamais
été appliqué.
flowchart LR
poste["Poste<br/>terraform apply"]
kube["kubeconfig local"]
subgraph serveur["Serveur on-premise"]
k3s["k3s server single-node<br/>Traefik désactivé"]
charges["Charges de travail<br/>aucune déclarée"]
end
poste -->|"SSH, get.k3s.io"| k3s
k3s -->|"cat /etc/rancher/k3s/k3s.yaml"| kube
k3s -.-> charges
Ce que le Terraform fait
sequenceDiagram
participant TF as terraform apply
participant SRV as Serveur on-premise
participant L as Poste local
TF->>SRV: SSH, curl get.k3s.io puis install server
TF->>SRV: attend /etc/rancher/k3s/k3s.yaml
TF->>SRV: ssh cat k3s.yaml
SRV-->>L: kubeconfig, 127.0.0.1 réécrit en ssh_host
Ce que le Terraform ne fait pas
Il déclare le provider null et lui seul : ni kubernetes, ni helm. Aucun namespace,
aucun déploiement, aucun service, aucun ingress. À l'issue d'un apply, on dispose d'un cluster
vide et d'un kubeconfig, rien de plus.
Décisions figées
Ces arbitrages sont pris. Ils ne vivaient jusqu'ici que dans des commentaires de code et des
description de variables, c'est-à-dire qu'ils ne survivaient pas au premier remaniement.
| Décision | Raison | Où elle est appliquée |
|---|---|---|
| k3s single-node plutôt que Kubernetes complet | Une seule machine on-premise, pas de plan de contrôle à répartir | modules/k3s/main.tf |
k3s_version obligatoire, valeur vide refusée |
Sans épinglage, get.k3s.io installe la dernière version à chaque exécution : le déploiement cesse d'être reproductible |
validation dans modules/k3s/variables.tf |
| Traefik désactivé | Le choix d'ingress reste ouvert, on ne veut pas en subir un par défaut | k3s_disable_components, défaut ["traefik"] |
Kubeconfig laissé en 600/root, lu par sudo |
--write-kubeconfig-mode 644 exposerait cluster-admin à tout utilisateur local de la machine |
Commentaire et fetch_kubeconfig dans modules/k3s/main.tf |
State Terraform en backend local |
Un seul opérateur, pas d'exécution concurrente, pas de dépendance à un stockage distant | environments/dev/versions.tf |
.terraform.lock.hcl versionné |
Fige les versions de provider entre contributeurs et future CI | Commentaire dans .gitignore |
*.tfvars ignoré, *.tfvars.example versionné |
Les tfvars portent l'adresse du serveur et le chemin de la clé | .gitignore |
Désinstallation gérée au destroy |
k3s-uninstall.sh en on_failure = continue : un serveur injoignable ne bloque pas le destroy |
modules/k3s/main.tf |
Deux racines, dev et prod |
Séparation des états et des variables par environnement | environments/ |
| Terminaison TLS par un reverse proxy Nginx en Compose | L'ingress k3s supposait un registre et des manifestes qui n'existent pas, à quatre jours du rendu | docker-compose.prod.yml, ADR 0007 |
| Certificat auto-signé par défaut, chemin ACME câblé | Aucun domaine public ne résout vers la machine : le défi HTTP-01 ne peut pas aboutir | scripts/tls-selfsigned.sh, infra/proxy/acme-deploy-hook.sh |
| Un projet Compose par environnement, sur la même machine | Une seule VM, et l'isolation par nom de projet ne demande ni cluster ni registre | .env de chaque dossier, ADR 0009 |
| Runner GitHub Actions auto-hébergé sur la VM | Les runners hébergés par GitHub ne joignent pas une adresse privée d'école | .github/workflows/deploy.yml |
Secrets dans le .env de chaque environnement, sur la machine |
Ni dans git, ni dans GitHub : le runner n'a rien à recevoir | scripts/provision-host.sh |
Ports et noms
| Quoi | Valeur | Remarque |
|---|---|---|
| PostgreSQL, côté hôte | 5433 |
Redirigé vers 5432 dans le conteneur. 5432 est souvent déjà pris |
| PostgreSQL, côté réseau Compose | db:5432 |
Nom de service, utilisé par DATABASE_URL du service backend |
| API | 8000 |
Identique en conteneur et hors conteneur |
Frontend, ng serve |
4200 |
Boucle de développement. Valeur par défaut d'APP_CORS_ORIGINS |
| Frontend en conteneur | 3000 |
Ce qu'écoute le nginx de l'image, en conteneur comme côté hôte |
| Reverse proxy | 80 et 443 |
Les seuls ports publiés par docker-compose.prod.yml, via PROXY_HTTP_PORT et PROXY_HTTPS_PORT. 80 ne sert que la redirection et le défi ACME. La recette publie 8443 et 127.0.0.1:8081 |
| SSH du serveur | 22 par défaut |
ssh_port, redéfinissable |
| Base applicative | enervision |
Variable POSTGRES_DB |
| Base de test | enervision_test |
Créée par db/init/110-test-database.sql, nom attendu en dur par apps/backend/tests/conftest.py |
| Base de métadonnées Airflow | airflow |
Créée par db/init/120-airflow-database.sql, même conteneur db |
| Webserver Airflow | 8080 |
make airflow-up. Scheduler et webserver ne publient que ce port ; les tâches (LocalExecutor) tournent côté scheduler, sans port propre |
Le trou vers k3s
Rien ne relie aujourd'hui ce qui est construit par Compose et ce qui tournerait sur k3s. Compose construit une image backend localement ; k3s ne saurait pas où la trouver. C'est la première question à trancher, avant toute ressource Kubernetes.
Questions ouvertes
- Quel ingress remplace Traefik le jour de la bascule k3s. Qui termine le TLS est tranché par l'ADR 0007, mais la réponse vaut pour la topologie Compose, pas pour Kubernetes.
- Quel nom de domaine public, sans lequel Let's Encrypt reste hors d'atteinte et le certificat reste auto-signé.
- Quel registre d'images, et comment il est alimenté sans CI.
- Quel stockage persistant côté Kubernetes pour PostgreSQL, et si la base tourne dans le cluster ou à côté.
- Quelle stratégie de sauvegarde et de restauration des données de mesure.
- Que devient
environments/prod/, aujourd'hui réduit à un.gitkeep.